DANS LE PORT DE VANCOUVER
JOUR 1 - VENDREDI 1er MAI - INCROYABLE GROENLAND - PREMIERS PAS A VANCOUVER
Réveil à 6 heures et départ de l'appartement avant 7 heure avec nos deux grosses valises. Nous prenons le RER E puis un RER B direct. A 8 heures, nous sommes à CDG. Beaucoup de voyageurs en ce premier mai ! L'enregistrement et la dépose des bagages se font assez vite. Beaucoup de monde à nouveau au contrôle aux frontières mais finalement ça passe assez vite avec les contrôles automatisés. Puis métro automatique jusqu'à la porte M. Enfin, contrôle de sécurité. Pierre attrape un café chez Paul et nous arrivons à la porte d'embarquement M41 juste pour le début de l’embarquement. Nous nous installons enfin à nos places, 30L et 30K du B777-300 d'Air France qui a remplacé l’A350 prévu initialement. Avec 15' de retard à cause sans doute d’un passager non embarqué, l'avion commence le roulage à 10 :15. Nous décollons face à l'Est et c’est parti pour un vol de 9:30 !
La route passe très au Nord. Après avoir traversé l'Angleterre du Sud au Nord, passé les Iles Féroé, passé au Nord de l'Islande, nous atteignons le Groenland. Les paysages sont époustouflants et pendant des heures nous allons survoler des paysages blancs, de banquise, de montagnes blanches qui émergent de la banquise, de glaciers … C'est magique ! Les territoires au Nord du Canada sont aussi sous la neige et la glace. C'est seulement deux heures avant l'arrivée que nous retrouvons un paysage plus traditionnel. Nous passons au dessus de l’Alberta où l’on distingue les traces de l’exploitation pétrolière, et enfin les Rocheuses avant l’arrivée à Vancouver. Atterrissage normal et nous sommes bien contents néanmoins de débarquer après 10h assis dans l’avion. Les contrôles aux frontières sont assez simples (tout était pré-rempli) mais nous attendons longtemps nos valises. À l’extérieur, notre chauffeur nous attend 😀 («offert» par Booking) et nous emmène confortablement dans un gros Ford Explorer jusqu’à l’appart-hôtel Silverstone, W Pender St. Par contre, avec le décalage horaire de 9h, il n’est que 12h30 à Vancouver et l’appartement ne sera disponible qu’à 15:30 au mieux. Nous laissons quand même nos valises et partons à pied à la découverte des environs.
D’abord du côté du port de croisière, quartier plutôt agréable et touristique. Ensuite Pierre suit les indications d’un guide et nous emmène dans Main Street où se trouve normalement de belles boutiques … mais cette rue fait plusieurs kilomètres et nous sommes en fait du côté de « Zombiland » … les trottoirs sont remplis de « crackheads » et de « junkies » … mais bon, ils ne nous embêtent pas, mais c’est franchement impressionnant et triste à voir. Heureusement nous arrivons dans un autre quartier beaucoup plus agréable, Creekside, au bord de l’eau. En plus il fait un temps magnifique, presque trop chaud. Nous trouvons un restaurant pour boire et manger un peu: du hummus, du guacamole et deux limonades à la cerise pour moi ! Par contre, on ne comprend pas tout ce que nous disent les serveurs et nous faisons souvent répéter: c’est vexant.
Nous reprenons notre balade, cette fois dans la ville moderne, près de l’Arena, qui accueillera la Coupe du Monde. Beaucoup de buildings très modernes, pas mal de grosses voitures, etc. Enfin nous retournons à l’hôtel. L’appartement est grand et hyper bien équipé niveau cuisine. Ça fera une bonne base. Il est 16h locales … 1h du matin, heure de Paris. Nous faisons une bonne sieste et à 18 heures, nous ressortons pour faire des courses pour le petit déjeuner du lendemain. Nous sommes bien chargés pour rentrer à l’appartement. Et finalement, vers 19h, nous décidons de ne pas ressortir pour manger (on a déjeuné dans l’avion, plus une collation avant l’atterrissage, puis à Creekside à 15h au bord de l’eau … ça fait déjà trop de repas en une journée !) Et nous sommes épuisés de la journée de voyage et par le décalage horaire. Nous allons donc nous coucher vers 20h locale …5h du matin à Paris.
JOUR 2 - SAMEDI 2 MAI - A VELO, A VANCOUVER
Nous avons finalement passé une bonne nuit et c’est vers 7 heures que nous nous levons pour un bon petit déjeuner. Nous décidons de louer des vélos pour la journée : la météo s’annonce excellente ! Nous louons donc deux vélos, sans assistance électrique, et nous rejoignons d’abord le quartier très agréable du Convention Center et de la base des hydravions.
Nous regardons un moment la rotation des hydravions de tourisme, à turbine ou à piston (un bon vieux Beaver). La vue doit être super de là haut, mais nous privilégions notre randonnée à vélo.
De façon générale, tout autour, nous remarquons peu de gens obèses (pour une ville Nord-américaine) et beaucoup de sportifs qui courent ou qui font du vélo, et un nombre très important de salles de fitness aux alentours.
Nous repartons chez le loueur de vélo car celui de Pierre est trop petit. Une fois remplacé, nous prenons la direction du parc Stanley. Magnifique parc et la voie cyclable fait tout le tour de la presqu’île. Beaucoup de promeneurs, de coureurs, de vélo. L’endroit est très agréable. Il y a plusieurs plages. Après un rafraîchissement au soleil, nous continuons à travers le parc, avec des arbres gigantesques, pour rejoindre la piste qui mène au pont suspendu du Lions Gate … un peu le Golden-Gate local. La traversée du pont à vélo est vertigineuse, sur la piste entre les voies de circulation et les rambardes … je roule à gauche de la piste cyclable plutôt que de longer les rambardes !
Retour sur la terre ferme de l’autre côté du bras de mer, et après quelques détours, un petit chemin, et une route à grande circulation, nous arrivons au parc du Capilano, réputé pour son pont de singe suspendu … mais nous sommes rebutés par le prix d’entrée du parc (168 CA$) : nous n’avons pas prévu de passer des heures dans un parc d’attractions et retournons directement vers le pont. Rebelote pour la traversée du Lions Gate dans l’autre sens.
Nous nous dirigeons maintenant vers le Sud de Vancouver, longeons de nouveau des plages. Petite pause pour manger une banane et des onion-rings au soleil. Nous traversons un autre très grand pont, plus ancien, le Burrard Bridge, pour arriver dans un quartier ultra résidentiel qui longe la côte, avec des maisons incroyables qui ont vue sur la mer et les montagnes en face. Là-aussi beaucoup de plages, beaucoup de monde, des barbecues partout dans les parcs: une belle ambiance et de beaux paysages ! Pierre discute un moment avec une dame qui lui demandait où menait le chemin: de fil en aiguille, Pierre apprend que cette dame est fille d’immigrés allemands et elle est toute contente de pouvoir parler un peu allemand avec Pierre et réciproquement. Une belle rencontre pour Pierre.
Nous allons presqu’au bout de cette péninsule avant de rebrousser chemin. Nous avons déjà bien roulé depuis 9h du matin ! Nous repassons le Burrard Bridge, retournons dans le downtown moderne, passons acheter du pain et des muffins, rendons les vélos et rentrons à notre appartement vers 16:30, bien fatigués du vélo et du soleil. Moment de repos / sieste (on a encore bien les effets du décalage horaire). Et en fin d’après-midi, nous ressortons pour un bon dîner au Water St Cafe : correct, sans plus.
Petite promenade au soleil couchant sur le pier, avec vue sur la base des hydravions, les paquebots qui arrivent, le port de containers et ses gigantesques portiques qui s'activent, etc. Et enfin, retour définitif à l’appartement pour un repos encore bien mérité.
11 mars : c’est presque une habitude : nous descendons à Martigny côté Suisse, pour aller visiter l’exposition temporaire à la Fondation Pierre Gianadda : « De Manet à Kelly, l’art de l’empreinte ». Comme toujours, une exposition de grande qualité. Et nous faisons ensuite un tour dans les jardins de la Fondation.
Après la visite, nous allons dans le centre de Martigny pour manger un bon gateau avec un bon chocolat chaud pour moi.
En remontant à Châtel, nous nous arrêtons à Morgins pour acheter, à prix d’or (on est en Suisse), deux bouteilles de Rivella et deux plaques de chocolat.
JOUR 3 - DIMANCHE 3 MAI - VANCOUVER A PIED, EN BATEAU, EN METRO
Nous nous levons un peu plus tard aujourd’hui: le jet-lag s’atténue. Après un bon petit-déjeuner à l'appartement, nous nous mettons en route pour un grand tour à pied, objectif Granville Island.
Il se trouve que c’est aussi le jour du Marathon de Vancouver dont nous avions vu les préparatifs la veille. L’arrivée n’est pas très loin de l’hôtel et nous croisons beaucoup de coureurs / coureuses avec leur médaille bleue autour du cou, sans doute pour le 8 km ou le semi marathon. Il règne une joyeuse animation dans le quartier.
Nous remontons ensuite la très moderne Burrard St. bordée d’immeubles modernes, d’hôtels de luxe ou d’immenses tours d’appartements haut de gamme, tous dotés de balcons ou de terrasses, même aux 30e étages et plus.
Ambiance New-Yorkaise (les immeubles, les voitures, les larges avenues, les feux aux carrefour, les panneaux de rue …) mais en plus vert, plus propre et plus décontracté.
Arrivés au Burrard Bridge, nous encourageons les marathoniens qui redescendent du pont. Nous passons devant un immeuble impressionnant avec une base étroite et qui s’élargi vers le haut. Nous décidons ensuite de prendre un Aquabus, tout mignon et coloré pour rejoindre Granville Island, un endroit très touristique mais sympathique, où l’on peut boire, manger, se promener dans les nombreuses boutiques. Après avoir traversé le marché couvert, nous buvons un bon café, au soleil, sous la silhouette imposante et métallique du Granville Bridge.
Nous reprenons l’Aquabus, puis le métro pour rejoindre le Queen Elizabeth Park, plus au Sud, toujours sous un très chaud soleil. Un peu en hauteur, le parc offre une très belle vue sur Vancouver et les montagnes. Le parc est très coloré, avec une grande variété d’arbres et de fleurs, des petits ponts, un plan d’eau : un peu japonisant et très agréable. Nous ne visitons pas la volière tropicale : il fait déjà suffisamment chaud comme ça. Dans le bas du parc, nous nous asseyons sous un arbre pour nous reposer à l’ombre et manger une banane, puis après avoir sauvé une famille de canards qui traversait imprudemment la route, nous marchons plusieurs kilomètres au soleil pour rejoindre le quartier de Granville … sans intérêt, contrairement à l’île du même nom.
Nous passons devant l’imposant City Hall au style Art-Deco et revenons enfin à Granville Island où nous mangeons une bonne part de pizza à deux. De nouveau le petit Aquabus pour rejoindre l’autre rive et, toujours à pied, nous rejoignons le quartier gay, Davie Village. Pavoisé aux couleurs du rainbow flag (y compris les passages protégés), nous nous posons un moment devant un thé glacé et un jus de Cranberry au Junction Cafe.
Encore une paire de kilomètres à pied pour rejoindre l’appartement, bien fatigués. Après une bonne sieste, nous ressortons à 18:30 pour dîner à « The Old Spaghetti Factory » (une chaine). C’est copieux, avec un service toujours très attentif et efficace.
Nous rejoignons ensuite le quartier du port pour cette dernière soirée à Vancouver. Belle lumière. Pierre prend son courage à deux mains pour tenir son pari : chanter « Vancouver », de Véronique Sanson, dans le port de Vancouver ! Pas facile, le démarrage est un peu laborieux, mais au final, Pierre prend confiance et le résultat est franchement pas mal. Bravo ! (Et non, ce n'est pas mis en ligne :))
Retour bien fatigués à l’appartement. Demain, c’est le début d’une autre aventure …
JOUR 4 - LUNDI 4 MAI - EN ROUTE POUR L'AVENTURE
Ce matin, nous commandons un Uber pour nous emmener depuis l’hôtel, dans le centre de Vancouver, chez le loueur de camping-car, Fraserway, dans le Sud. L’Uber passe d’abord dans une rue où, sur environ 1 km, les trottoirs sont peuplés de part et d’autre de drogués dans un état épouvantables, devant les portes des immeubles ou à même le trottoir. « Zombiland » sur 1 km, l’horreur. La ville a vraiment un problème avec ses drogués … (alors que par ailleurs, la vente de cannabis est autorisée légalement …)
Heureusement, après une 1/2h de route, nous arrivons chez Fraserway. Il y a déjà un peu de monde et nous attendons un peu avant qu’on s’occupe de nous. Formalités, puis perception de la bête : un bon gros camping-car sur base de Ford F350 V8 6l7 ! Une jeune femme très dynamique nous fait faire le tour du camping-car pour tout nous expliquer : gestion de l’énergie, du chauffage, des eaux propres, grises et noires :) , conduite, rangements, etc. Malheureusement, la jeune femme détecte un problème sur l’eau chaude et nous demande de patienter une heure pour réparation. Finalement, fausse alerte et nous pouvons enfin charger les bagages et nous installer. Entre temps, Pierre a acheté un « spray anti-ours » au cas où !
Vers 12:30, nous franchissons le portail et c’est enfin parti ! L’engin rugit, tangue et roule comme un bateau et il a la largeur d’un camion 😂. (6 tonnes quand même), mais les routes canadiennes sont adaptées.
Il faut d’abord s’approvisionner. Pierre recherche un Walmart pas trop loin … et on se retrouve avec le « camion » devant un Wallmart en ville avec parking souterrain : pas le bon plan, mais très formateur pour maîtriser le camping-car dans la circulation.
Finalement, Pierre repère un Wallmart sur le trajet, pas très loin du terminal du Ferry où nous devons embarquer … et avec un vaste parking extérieur. Le magasin est un peu déprimant et nous avons du mal à trouver ce que nous cherchons pour boire et manger dans les prochains jours. Et puis, le magasin ne vend pas de vin : il faut aller dans un autre magasin, un liquor-store, sur la zone commerciale. Pierre achète, à prix d’or, trois bouteilles de vin canadien. L’apéro est sauvé !
Puis direction le ferry qui doit nous emmener sur l’Ile de Vancouver. Nous loupons de très peu le précédent ferry. Nous devons attendre deux heures pour embarquer sur le suivant mais finalement, ça nous laisse le temps de ranger nos affaires dans le camping car, de nous reposer un peu, de profiter des toilettes du camping-car (trop pratique :)).
Nous embarquons finalement dans un très gros ferry et remontons sur le pont supérieur. La traversée dure plus de deux heures, mais il fait un temps magnifique et nous profitons du paysage, avec des montagnes enneigées dans le fond (côté US). L’énorme ferry passe dans des passages étroits entre les îles. C’est magnifique. Puis c’est le débarquement à Victoria. Nous ne verrons pas la ville de Victoria car nous roulons directement vers le camping, et après 30km, nous arrivons au Goldstream Campground à 19h. Personne à l’accueil mais nous connaissons notre emplacement réservé. C’est en pleine forêt et les emplacements sont très espacés. Ce sera notre première soirée en camping, sans raccordement à l’eau ni à l’électricité (mais il y a du réseau). C’est extrêmement dépaysant, surtout après 3 jours dans la grande ville.
Et Pierre prépare un premier dîner dans le camping car : poulet - pâtes : il y a tout ce qu’il faut dans le camping-car, tout fonctionne. Nous prenons aussi notre premier apéro, le tout dehors sous les grands arbres, avec la nuit qui se couche. C’est sauvage. Je fais la vaisselle au bloc sanitaire (pour économiser l’eau et le gaz du camping-car : inutile précaution) et nous faisons un petit tour aux alentours : pas d’ours en vue … pour l’instant et globalement le camping est extrêmement calme.
Nous sommes encore un peu décalés et nous nous mettons assez tôt au lit pour une première nuit, bien à l’abri et seuls au monde (enfin c’est l’impression que ça donne) dans notre nouveau chez-nous pour 10 jours.
JOUR 5 - MARDI 5 MAI - TOFINO / PACIFIQUE
Excellente première nuit dans le camping-car : grand lit, couettes chaudes … et le grand calme tout autour. Petit déjeuner tranquille avec le soleil du matin qui filtre à travers les grands arbres du Goldstream Park.
Je réveille le gros V8, et nous sortons au pas de ce vaste « campground » pour prendre la route, 315 km (sur une île !) pour rejoindre Tofino au Nord-Ouest de l’île de Vancouver. C’est essentiellement de la grande route, sauf le passage à travers la montagne d’Est en Ouest, où les suspensions souples du camping-car nous balancent et nous font rebondir ! Nous faisons quelques petites pauses en route pour profiter des paysages de lacs et de montagne, dont une au bord d’une rivière dont l’eau est d’une transparence incroyable.
L’arrivée au Surf Grove Campground se fait sous un ciel bien gris. C’est un vaste camping au bord d’une plage du Pacifique 😀, prisée des surfers. L’endroit est superbe et sauvage. Après quelques courses alimentaires à Tofino (je maîtrise le stationnement du camping-car sur un petit parking), retour au camping, tout confort avec des branchements pour l’eau, l’électricité … et les eaux usées ! Nous prenons un petit en-cas au sympathique food-truck du camping et enfin nous profitons de l’endroit pour une belle balade sur la plage, en admirant les courageux surfeurs. Je mets les pieds pour la première fois dans le Pacifique: ça fait quelque chose … mais pas certain que je m’y baignerais vu la température de l’eau 🥶
Pierre nous cuisine d’excellentes spaghetti bolognaises, accompagnées d’un verre de vin rouge de Colombie Britannique. Petite promenade digestive sur la plage, vers 20h : il y a encore des surfeurs dans l’eau ! Brrr …
JOUR 6 - MERCREDI 6 MAI - DU VELO, DU BATEAU, DES BALEINES ET UNE BAIGNADES
Une journée bien remplie qui commence par une météo froide et humide.
Je commence par jouer les vidangeurs pour vider les réservoirs d’eau grises et noires du camping-car. Je trouve ça plutôt rigolo.
À 10h, nous louons des vélos électriques à l’accueil du camping. L’employée nous explique longuement qu’il faut couper l'assistance avant de démarrer ou pour franchir les chicanes … et en effet, l’assistance est très puissante dès qu’on donne un coup de pédale.
Nous allons d’abord longer la côte vers le Sud-Est au travers du Pacific Rim Park, où la forêt dense longe des grandes plages de surf 🏄. Long Beach, Incinerator Beach (c’est le nom du rocher, aucune cheminée …) et Comber Beach que nous faisons au pas de course car nous avons un rendez-vous à Tofino. On admire encore ces surfeurs/surfeuses sur les vagues froides de l’océan.
Nous repartons dans l’autre sens, à bon rythme (22 km en 1h) vers Tofino, pour arriver avant 1:15 pour une excursion d’observation des baleines en bateau. Nous enfilons les lourdes combinaisons rouges, bien chaudes et qui font aussi office de combinaisons de sauvetage, et nous embarquons à l’avant d’un semi-rigide type Zodiac, puissamment motorisé. Dans la baie, l’eau est calme et le bateau file très vite sur l’eau. Plus nous nous éloignons, plus le paysage est sauvage … et la mer plus agitée. Après une vingtaine de minutes de navigation rapide, le bateau s’arrête, et au bout de quelques minutes où tout le monde cherche du regard le souffle d’une baleine, nous pouvons effectivement observer la première baleine qui vient souffler et respirer plusieurs fois avant de replonger pour se nourrir au fond. On n’aperçoit que le dos de la baleine, mais on ressent très fort sa présence : c’est magique !
Le bateau reprend sa course et nous arrivons vraiment en pleine mer. Notre gros Zodiac semble bien petit face à la houle : nous montons et dévalons les vagues, mais le pilote gère habilement la puissance pour nous éviter trop de secousses. Le bateau se rapproche à une vingtaine de mètres d’une île dont les rochers sont littéralement couverts de lions de mer, bruyants et … un peu odorants.
Toujours dans une mer agitée, le bateau rejoint une baie et nous pouvons observer une autre baleine, qui nous offrira à deux reprises le spectacle de sa plongée et de sa queue majestueuse qui émerge de l’eau avant de disparaître. C’est extrêmement émouvant et je suis très heureux d’avoir pu voir ce spectacle au moins une fois.
Le bateau retourne vers Tofino et des eaux plus calmes. 70 km/h sur l’eau en bateau, c’est quand même fun !
Retour sur la terre ferme après cette très belle expérience. Nous retournons au Surf Grove Campground, déposons les vélos et récupérons un bon muffin et un café au food-truck. Nous allons nous installer sur la plage. Le soleil est largement revenu et nous passons un bon moment à regarder le Pacifique et les surfeurs.
Et surtout, je tiens mon pari : je vais me baigner. L’eau est bien froide et je ne reste pas très longtemps, mais je suis quand même très heureux et fier de m'être baigné dans le Pacifique (sans combinaison).
Après toutes ces émotions, Pierre nous a encore préparé un très bon dîner : filet mignon et vraie ratatouille : le luxe en camping !
Et pour terminer la journée en apothéose, nous retournons sur la plage : le coucher de soleil est fabuleux, sur la baie et les îlots, une vraie carte postale.
JOUR 7 - JEUDI 7 MAI - COURSE AU FERRY ET ON ATTAQUE LA MONTAGNE
Nous nous levons relativement tôt pour remballer, partir avant 9h de Tofino et attraper le ferry de 13:30 à Nanaimo, qui nous ramènera sur le continent. Nous roulons bon train (autant que faire se peut avec le camping-car et des routes sinueuses au début …). Le problème, c’est que nous n’avons pas réservé le ferry et les places sont limitées pour les gros véhicules. Pierre surveille le taux de places libres pour les gros véhicule : 22%, 18%, 16%, 10% à 20 minutes de l’arrivée à Nanaimo 😂. Si nous loupons ce ferry, il faudra attendre 4 heures (avec toute la route encore à faire après la traversée …). Sur la 4 voies, je roule à 110 km/h (autorisés) bien accroché au volant. Je double quelques caravanes et camping-cars qui pourraient être des « concurrents » pour le ferry et pour arriver avant eux 😀 (avec prudence quand même, sur la 4 voies !). Pierre se trompe de sortie, 2’ de perdue, mais nous arrivons finalement au guichet juste à temps. Seul un camion derrière-nous pourra encore embarquer !
A nouveau, une superbe traversée au soleil, sur le pont supérieur (mais le vent est frais). À l’arrivée, on revoit au loin la skyline de Vancouver et le pont du Lion’s Gate. Le débarquement se fait au pied de la montagne, à Horseshoe Bay. Tout de suite, la route grimpe. Changement d’ambiance car nous attaquons maintenant les Rocheuses, direction la station de Whistler. Nous nous arrêtons en route pour profiter de quelques points de vue. Nous remettons de l’essence pour la première fois dans la bête (et ça ne sera pas la dernière !). C’est assez impressionnant : 90 l, 180 CAD … et ce n’est pas le plein. Après une jolie route, nous atteignons enfin Whistler vers 17h. Station de ski plutôt chic, qui fait beaucoup penser au Mont Tremblant (Québec), avec une architecture Disneyland … Quelques courses alimentaires dans une supérette, une paire de bouteilles de Chardonnay de Colombie Britannique au liquor store, et nous reprenons le camping-car vers le Whistler RV Campground (RV = Recreational Vehicle = camping-car) où nous passerons deux nuits. Le camping est un peu en hauteur, en pleine nature, avec vue sur les montagnes, à 18 km de la station. Il est largement occupé par des gens qui y vivent en permanence dans d’énormes caravanes, avec de gros pick-up à côté, des motoneiges … c’est un peu déroutant. Mais le paysage de montagne est à nouveau grandiose. Bon dîner face aux montagnes, petit tour du camp à pied (c’est vaste) et nous n'allons pas trop loin dans la forêt : pas envie de tomber nez-à-nez avec un ours à la nuit tombante. Retour au chaud dans le camping-car. Dehors, la nuit tombe, c’est la montagne, et il commence à faire bien frais.
JOUR 8 - VENDREDI 8 MAI - L’HOMME QUI N’A PAS VU L’OURS … MAIS QUI L‘A ENTENDU
Ce matin, départ pour une randonnée vers le Brew Lake par une piste au départ du camping. Le chemin, assez large au début, est totalement désert et sauvage. On voit bien que personne n’est passé là récemment. Au bout de cinq kilomètres, sans avoir croisé âme qui vive, nous commençons à entendre des drôles de sons, comme des gros ronflements à intervals réguliers. D’abord assez lointains, mais des deux côtés du chemin. Il y a aussi des grosses … crottes sur le chemin (et ce n’est pas du crottin de cheval). Après une petite erreur de direction, nous retrouvons le chemin qui devient un étroit sentier qui monte à flanc de montagne dans la forêt … Et ce son curieux se fait plus grave et surtout beaucoup plus proche devant nous … Plus de doute, il y a des ours dans les parages, et surement un devant nous. Même s’ils ne sont pas sensés attaquer, et malgré notre spray anti-ours, nous prenons quand même la décision prudente de rebrousser chemin. S’il y avait un problème, il n’y a personne à des kilomètres à la ronde. Et d’ailleurs, sur le chemin du retour, alors que nous parlons, nous entendons de gros craquements de branches tout proches de nous et nous voyons bien bouger les broussailles: aucun doute, un gros animal s’est enfuit en nous entendant. Bref, une demi-randonnée de 12 km « into the wild » 😅.
Un peu déçus, après une petite collation, nous débranchons le camping-car pour retourner à Whistler. Là, nous suivons cette fois un large chemin, fréquenté, qui nous fait longer deux beaux lacs et découvrir d’autres paysages, un peu moins sauvages. Au bord du Green Lake, un hydravion donne un cachet canadien très typique. Et 10 km de randonnée en plus aujourd’hui, autour de Whistler.
Retour au camping-car et sur la route nous faisons un détour pour aller voir l’ancien site Olympique d’hiver de 2010 : 10 minutes de route quasi déserte au milieu de la forêt … et route fermée à deux kilomètres avant d'arriver au site olympique. Dommage. Demi-tour et retour définitif au camping.
A l’accueil, nous empruntons deux frisbees pour faire un parcours de 18 « paniers » dans la forêt (j’en profite aussi pour demander si nous pouvons changer pour un emplacement avec une meilleure vue: accordé). Le « disc-golf », c’est rigolo mais je suis vraiment mauvais 😂 (PAR + 30) et il faut souvent aller chercher le frisbee dans les broussailles ! Et Pierre s’ennuie !
Enfin, après une bonne douche chaude au bloc sanitaire, après cette journée malgré tout sportive, nous prenons un bon repas au chaud dans le camping-car (trop froid dehors), avec une très belle vue sur le soleil qui se couche sur les montagnes.
Demain et après demain, essentiellement deux étapes de route pour nous enfoncer plus avant dans les rocheuses.
JOUR 9 - SAMEDI 9 MAI - MONTAGNE, WESTERN ET VERRES CASSÉS 😏
Reveil avec vue sur la montagne. Après le petit déjeuner, j’enfile mes gants jaune pour une nouvelle vidange des réservoirs, et ainsi allégés, nous reprenons notre route, toujours plus vers le Nord et les montagnes. La première partie de la route se fait à travers la montagne, avec une vitesses moyenne de moins de 50 km/h : passages de col, paysages de forêts, des torrents impétueux au fond de gorges profondes, des grands lacs. J’utilise largement le mode « frein moteur » de la boîte de vitesse automatique dans les très longues descentes.
En ressortant d’un parking d’un site avec point de vue, en roulant vraiment au pas, les suspensions très souples du camping-car font trampoline sur un nid-de-poule et nous entendons à l’arrière un fracas de vaisselle dans un placard. Bilan: deux verres cassés (dont un verre à vin : catastrophe 😂).
Après cette traversée de la montagne, en direction de Kamloops, le paysage verdoyant se transforme en un étonnant et inattendu paysage de western, beaucoup plus aride, avec des ranchs, des sortes de canyon, la route qui s’étire en très longues lignes droites ou en grandes courbes (la moyenne remonte nettement !), des anciennes mine d’or, et surtout la voie de chemin de fer qui longe la même vallée avec des trains d’une longueur incroyable, plus d’un kilomètre, chaque wagon chargé de deux containers empilés. Ces immenses trains serpentent lentement au bord du fleuve Fraser ou au bord des grands lacs.
Nous nous arrêtons dans une petite ville où Pierre a repéré une boulangerie réputée dans un guide. Nous y achetons du pain et deux excellents sandwichs que nous mangerons un peu plus loin au bord d’un lac.
Encore de la grande route. Autour de Kamloops, je suis obligé de me battre avec le volant contre le vent de travers qui balaye la route. Fatiguant et impressionnant, mais avec de la patience, nous arrivons à notre étape : un charmant camping sous les pins (Pinegrove Campground …), tenu par une dynamique et très gentille propriétaire. Le campground est situé entre la grande route et la voie ferrée. Nous entendons passer ces interminables trains, sans les voir. Mais malgré ce bruit de fond, l’endroit est agréable et il fait nettement plus chaud que dans la montagne. Il n’y a pas de chemins autour du camping pour se promener. Nous prenons donc un peu de temps pour lire et faire un bon dîner, toujours accompagné de Chardonnay de la région (très bon au demeurant).
JOUR 10 - DIMANCHE 10 MAI - CASCADES, PANORAMA, 🇨🇦 EN CINÉMASCOPE ET WAPITIS
Après une centaine de kilomètres, nous nous engageons dans la vallée du Wells Gray Park, d’abord pour aller voir deux magnifiques cascades : Helmcken Falls et Dawson Falls. Pour arriver à la première, la route passe sur un pont en bois, au dessus d’un furieux torrent : sympa, avec le camping-car. La cascade Helmcken est impressionnante de hauteur, de puissance et de beauté, dans un cadre complètement sauvage.
La cascade Dawson est moins haute, mais néanmoins impressionnante par rapport à sa largeur et à la force du courant : on a du mal à imaginer le volume d’eau qui passe là à chaque seconde. L’occasion aussi de faire coucou à un écureuil roux tout mignon.
À quelques kilomètres de là, nous garons le camping-car pour une petite randonnée … qui monte quand même en continu sur 3.5 km jusqu’à une tour d’observation en bois. Elle offre un panorama à 360° sur le parc et tous les sommets enneigés alentour, dont d’anciens volcans. La descente est plus rapide évidemment, et c’est bien fatigués que nous prenons un petite collation dans le camping-car.
En route pour les 320 km restants jusqu’à Jasper.
Et cette route, c’est vraiment le Canada en CinémaScope (ou iMax au choix). Des routes interminables, souvent le long de fleuves, torrents ou lacs, les longs trains qui serpentent aussi dans la vallée, la forêt partout et les montagnes de part et d’autre. Tout est immense, magnifique. Surtout, aucune habitation visible sur quasiment les 200 derniers kilomètres !
Nous arrivons enfin à Jasper, encore émerveillés du spectacle de la route, mais le paysage change car Jasper était au cœur des mega feux de forêt de 2024, et si le paysage est toujours grandiose, il est malheureusement recouvert des arbres calcinés restés debout. Même l’immense camping a perdu sa forêt. En été, il n’y a plus d’ombre mais aujourd’hui nous arrivons sous un ciel nuageux, il tombe quelques gouttes, et surtout il fait beaucoup plus froid qu’à notre précédente étape.
Repas à l’intérieur donc. Dernière surprise, en sortant du bâtiment des douches, je tombe nez à nez avec quatre grands cervidés qui paissent tranquillement là sans trop se préoccuper de moi. J’aurais dû quand même me méfier car j’apprends que ce sont des wapitis, et qu’à cette saison, ils peuvent être dangereux pour protéger leurs petits. C’est sacrément grand un wapiti … Leur présence à découvert est sans doute une conséquence de la quasi destruction de leur habitat naturel.
JOUR 11 - LUNDI 11 MAI - ÇA MARCHE
Et nous voilà repartis pour une randonnée au départ du camping: un tour des lacs le long de la rivière Athabasca: lacs Beauvert, Trefoils et Annette. Pour commencer, un coyote traverse l’allée tranquillement devant nous à la sortie du camping … Le chemin se fait presque exclusivement au travers des forêts calcinées, c’est particulier. Mais le bord des lacs et les montagnes tout autour constituent toujours un grand paysage. Autour du lac Beauvert, le chemin traverse un vaste et luxueux lodge / golf, qui a été entre autre fréquenté par la reine Elyzabeth II. Nous marchons près de 10 km jusqu’au bout du lac Annette, sans difficultés particulières. Nous traversons la rivière Athabasca et la grande route pour un retour vers Jasper, avec la voie ferrée sur notre droite. Pour notre plus grand bonheur, un immenses convoi est arrêté en pleine voie, sans doute en attendant de s’engager sur une voie unique. Nous pouvons nous approcher tout près d’une des monstrueuses motrices diesel (souvent deux motrices à l’avant du train, une au milieu, et une en queue de train). Photo ! En continuant le chemin, nous croisons encore des wapitis : nous passons rapidement. Pas envie de nous faire charger ! Il parait qu’il y a plus de blessés par des wapitis que par des ours.
Enfin, arrivée à Jasper. Nous en avons « plein les bottes » … mais la ville fait encore deux kilomètres avant d’atteindre le centre-ville. Nous nous restaurons dans une « backery» connue. Nous visitons la très charmante gare de Jasper, avec sa charpente visible et ses vieilles banquettes en bois. Enfin, nous faisons quelques courses alimentaires … qu’il faudra porter encore 4 km jusqu’au camping (les navettes vers le camping n’entrerons en service qu’à partir du 15 mai).
Nous sommes bien contents d’arriver enfin au camping-car (même la traversée de l’immense camping nous a parue longue), après 22 km de marche !
Nous nous reposons un peu puis « débranchons » le camping-car pour un tour jusqu’au lac de Medecine (c’est son nom): joli point de vue, mais le lac, immense, est quasiment à sec à une extrémité: il a semble-t-il la particularité de grandes variations de hauteur. Et nous sommes trop fatigués pour nous lancer dans une nouvelle randonnée. En retournant, nous nous arrêtons au bord d’un torrent et j’en profite pour tremper les pieds dans l’eau très, très fraîche d’un torrent : très agréable.
Enfin, retour au camping, pour un bon moment de repos/lecture au soleil: excellent. Et apéro / dîner dehors, au soleil couchant. Magnifique évidemment. Tout autour, des campeurs font un feu de bois dans les foyers délimités disponibles sur chaque emplacement : c’est une véritable institution dans tous les campings … quand le feu est autorisé.
Cette nuit il va faire très froid, mais nous savons maintenant comment fonctionne le chauffage du camping-car.
JOUR 12 - MARDI 12 MAI - DES SOMMETS
Notre route de Jasper à Banff sera la journée de tous les sommets :
Sommet septentrional de notre voyage dans les rocheuses avec notre arrivée à Banff. Après-demain, ce sera la grande redescente vers Vancouver.
Sommets, avec des passages de col à 2000m, à vrai dire sans aucune difficulté tant la route est large et bonne, juste le plaisir de rouler dans des paysages enneigés.
Et surtout, sommets des paysages. De loin la plus belle route que nous ayons jamais faite. La « Promenade des glaciers », c’est 230 km sans agglomérations (mon panneau préféré : « next gas station : 230 km »), juste de très larges vallées où coulent des torrents qui scintillent au soleil, des forêts à perte de vue, des montagnes enneigées de chaque côté et plusieurs magnifiques glaciers.
Nous nous arrêtons fréquemment sur les nombreuses aires qui bordent la route, juste pour prendre le temps d’appréhender le spectacle … et bien sûr pour faire de belles photos.
Sur la route, nous nous arrêtons pour admirer d'autres cascades : Athabasca Falls (beaucoup de monde) et plus loin, Sunwapta Falls, où nous faisons une petite randonnée dans la forêt pour rejoindre le bas des chutes.
Nous faisons une pause plus longue au champ de glace du glacier Columbia. L'endroit est très touristique, mais nous préférons faire une courte randonnée plutôt que de prendre les bus ou d’autres engins motorisés pour aller voir le glacier. Nous marchons dans les moraines, puis sur un chemin qui monte un moment sur de la neige, pour nous retrouver face au glacier. Peu de monde ici, ce qui nous permet de profiter pleinement de l’endroit. Moment magique et émouvant, même s’il est clair que ce glacier a déjà beaucoup reculé depuis des décennies comme le montre différents panneaux d'information.
Nous mangeons une banane avant de redescendre (évidemment nous ne jetons pas nos peaux de banane !) et nous prenons un café, au soleil, au tourist-center.
Ah oui: aujourd’hui, nous avons vu l’ours ! Bien a l’abri dans le camping-car, nous avons vu ce bel ours noir traverser nonchalamment la route avant de disparaître dans la forêt, de l’autre coté de la route.
Après un rapide passage à Lake Louise, trop touristique, nous arrivons enfin à Banff après la plus magnifique journée de route de notre séjour et des images plein la tête.
Le camping est à quelques kilomètres au dessus de la ville. Confort un peu plus sommaire, avec seulement le branchement électrique et des emplacements plus rapprochés, mais le paysage est toujours là !
JOUR 13 - MERCREDI 13 MAI - VELO
Ce matin, nous prenons la navette au départ du camping, qui nous descend jusqu’au centre de Banff. Après un bref tour du centre, nous allons jusqu’à la gare de Banff où se trouve un important loueur de vélo. Nous louons deux e-bikes, signons les « waivers » (les décharges de responsabilité, comme pour toute les activités au Canada) et nous voilà partis pour environ 50 km A/R jusqu’au Johnston Canyon.
Petite particularité, après avoir longé la 4 voies et franchi un portail électrifié anti-ours , nous arrivons sur une grande route fermée aux voitures pour des raisons écologique (période de reproduction …). C’est génial d’avoir une belle grande route pour soi à vélo, sur 20 km. Pas d’ours en vue, juste quelques wapitis qui peuvent surgir sur les côtés !
Le Johnston Canyon et les chutes d’eau sont assez spectaculaires, en particulier la passerelle d’accès aux chutes, construite en surplomb du torrent, mais il y a beaucoup trop de touristes (venus par l’autre route) : on n’a plus l’habitude de la foule et nous repartons rapidement pour profiter de nos derniers moments de grande nature, toujours sur cette grande route quasi déserte, avec seulement quelques cyclistes comme nous.
Quelques gouttes de pluie mais rien de sérieux. Nous profitons encore de quelques beaux points de vue sur la vallée et au bord d’un lac.
A la gare de Banff, nous rendons à regret nos vélos et nous allons manger une banane sur un banc, sur le quai de la gare. Coup de chance, un train arrive, à grands coups de klaxon et deux kilomètres de wagons et quatre motrices défilent devant nous à quelques mètres. On adore 😂 !
Nous allons marcher un peu dans la ville, faire un peu de shopping dans les nombreuses boutiques de souvenirs: nous ressortons juste avec un magnet. Je suis tenté par un maillot de hockey … mais fabriqué en Chine comme tout le reste : je laisse tomber !
Nous entrons dans le parc de l’hôtel de ville construit dans un style écossais. Puis nous marchons jusqu’à une jolie cascade à la sortie de la ville, encore une bonne distance à pied, après les 50 km de vélo.
Il commence à pleuvoir, et en attendant le bus qui fait la navette jusqu’au camping, nous nous mettons à l’abri sous un porche. C’est notre dernière soirée dans les rocheuses, nous sommes un peu tristes, et inquiets de la longue route que nous aurons à faire le lendemain. En revenant des douches, je tombe sur un troupeau de wapitis sur une prairie en plein milieu du camping. Aussi, un beau renard passe devant le camping-car … On aura vu plein d'animaux !
Soirée tranquille … Il pleut dehors et il fait froid, mais nous sommes bien à l’abri dans notre maison à roulettes.
JOUR 14 - JEUDI 14 MAI - SUR LA ROUTE TOUTE LA SAINTE JOURNÉE
C’est à regret que nous quittons Banff dès 7:50 (locale, nous sommes en Alberta, avec une heure de plus que Vancouver) pour une longue route de 880 km pour redescendre vers Vancouver.
La route commence bien, 4 voies, 100 km/h et soleil : tranquille. Mais tout au long de la journée nous aurons quelques passages moins faciles. Du mauvais temps, à la limite de la neige, dans les passages de col. Beaucoup de vent à nouveau autour de Kamloop, avec des rafales qui rendent le camping-car difficile à garder sur la voie, c’est fatiguant et ça demande une concentration constante. Nous suivrons aussi une voiture lente et à la trajectoire incertaine sur des dizaines de kilomètres. Par contre, sur les grandes routes, les gros camions américains n’hésitent pas à dépasser à plus de 100 km/h. Nous aurons droit à quelques passages un peu déformés, des zones de travaux avec circulation alternée, etc. Néanmoins, rien d’insurmontable et nous tenons notre feuille de route (aidés par le décalage horaire avec la Colombie Britannique qui nous donne une heure de plus pour arriver …)
Nous faisons une jolie pause déjeuner dans la petite ville de Chase, au Bord d’un grand lac. Toujours l’avantage du camping-car, Pierre nous prépare rapidement un dernier déjeuner (des oeufs sur le plat), ce qui me permet de me reposer et de reprendre des forces pour le dernier tiers de la route. Rapide selfie au bout de la jetée sur le lac. Pierre se débrouille à Chase pour retirer 20 dollars canadiens qui doivent, normalement, nous servir à payer le dernier « sanidump » avant de rendre le camping-car. Jusque là, nous avons pu tout payer par carte.
Avant l’arrivée à Vancouver, l’autoroute est très chargée, mais nous bifurquons vers la route de notre dernier camping, à Maple Ridge. Le camping est plein milieu du parc régional de Maple Ridge et l’on roule pendant 15 km au milieu d’une forêt de plus en plus profonde. Passé la barrière du camping, nous roulons vraiment au pas dans les allées pleines de nids-de-poule, pour ne pas encore casser des verres. Nous sommes en pleine « rainforest » (forêt humide, pas entretenue) ! Notre emplacement (et tous les autres) ne disposent ni d’eau, ni d’électricité, ni même de réseau. Nous sommes « off the grid » ! En plus, il ne nous reste presque plus d’eau potable en bouteille alors que l’eau des sanitaires est marquée non potable, et notre réservoir d’eaux grises est sans doute presque plein. Bref, on fait tout à l’économie, boisson, vaisselle, … Heureusement, il nous reste un petit fond de vin blanc pour cette dernière soirée ! Pierre à super bien géré l'approvisionnement, nous n'aurons presque rien à jeter.
Nous refaisons à l’avance (et à regret) nos valises car demain, ça va être la course pour le retour à la civilisation et pour être certain d'attraper notre avion. Dehors, il pleut sur la sombre forêt, ambiance forêt vierge … Et l’ours n’est sans doute pas loin (une affiche sur les sanitaires indique qu’il a été vu le jour même).
JOUR 15 : VENDREDI 15 MAI - SAMEDI 16 MAI - UNE ORGANISATION AU POIL
Levé à 6:00 locale, toilette rapide et petit déjeuner avec ce qui reste, fermeture des valises et bagages à main.
Nous avons l’impression de réveiller le camping quand nous démarrons le gros V8 et nous roulons très prudemment jusqu’à la sortie.
Nous arrivons à la station « sanidump » pour vider les réservoirs d’eaux grises et noires : c’est sensé être payant mais aucune borne pour payer, et donc nous procédons à la vidange en espérant ne pas recevoir une amende plus tard (ça ne sera pas le cas).
A 7h, nous voilà en route pour une soixantaine de kilomètres jusqu’au loueur de camping-car qui ouvre à 8:30. Pas mal de circulation, passage d’un grand pont suspendu, et nous arrivons à la station service qui jouxte le loueur à 8:25. Dernier plein de la bête : 113 l … On aura fait 2950 km au total. Nous passons le portail du loueur à 8:31. Check-out du camping-car et félicitations de la personne en charge du check-out pour l’état du véhicule, ça fait plaisir. Il ne s’étonne pas du tout des deux verres cassés : ils ont l’habitude.
A 9:10, nous sommes dans la navette du loueur pour YVR, l’aéroport de Vancouver, et nous voilà à l’aéroport avant 10h ! Bien, bien en avance. L’enregistrement des bagages, le passage des contrôles de sécurité se fait sans aucun problème : tellement plus agréable qu’à Paris, et avec du personnel aimable ! Toutes les étapes sont passées pour un décollage … dans 3h. « J’aime quand un plan se déroule sans accroc » 😀
C’est mon premier vol en A350, vraiment très confortable et silencieux. Le retour est moins spectaculaire que l’aller car il s’effectue en partie de nuit et l’avion passe plus au Sud et ne survole pas le Groenland. Pierre a un peu moins de chance, car il a pris un siège devant avec plus de place pour les jambes … mais avec un couple et un bébé sur la même rangée et des personnes qui restent debout dans l’allée juste à côté ou pour bercer le bébé. Pas très agréable pour se reposer.
Atterrissage avec un peu d’avance à CDG, avance vite reperdue avec l'attente des bagages.
Et le retour à Paris est rude : RER B interrompu pour une sombre histoire de véhicule sur la voie, recherche de la station de taxi officielle, en se faisant aborder par plein de faux taxis insistants et finalement notre taxi officiel n’est vraiment pas classe …
Bref, dur retour à la réalité après 10 jours dans les grands espaces et des canadiens toujours aimables.
Au final, nous aurons fait un voyages magnifique et très dépaysant que nous n'oublierons pas de sitôt.
LA ROUTE
- 2954 km
- 653 l d’essence (regular)
- 22 l/100 (avec le pied léger)
Evidemment, avec l’avion en plus, ce n'est pas le voyage le plus vertueux …